Mordoré

Voilà! C’est ça!

C’est doux comme dans ce mouvement lent du deuxième concerto pour piano de Ravel.

Si la lumière décline peu à peu,

elle est encore chaude.

Elle teinte tout ce qu’elle touche de tons mordorés.

Vient le temps des derniers bains de mer.

La plage et les vagues aussi semblent lasses.

Il faut dire adieu à ces chants qui ont coloré l’été.

Mais tout ceci n’est pas triste, il y a juste un peu de… vague à l’âme.

Je roule, tranquille, la vitre de mon véhicule est totalement baissée.

Je traverse un morceau de campagne incrusté dans la ville.

L’air embaume la résine de pin.

La lumière est si heureuse.

Soudain, une anomalie, une quasi hallucination auditive:

La stridulation isolée de la dernière cigale en mal d’été.

Et c’est comme une gorgée de soleil brut.

Fin de l’été

Aquarelle ( pigments ocres naturels, rehauts à l’encre blanche )