Trajectoires féminines

Ces temps derniers mon minuscule atelier s’est transformé en une véritable étuve. Aussi à la peinture j’ai souvent préféré la lecture. Confortablement installé dans une fraîche pénombre j’ai dégusté de belles histoires au fort potentiel cinégénique, comme je les aime.

J’ai d’abord rencontré Alice Burns. Douglas Kennedy nous fait vivre, sur une génération, du milieu des années 60 au milieu des années 80, les heurs et les malheurs de cette jeune étudiante, au début, puis agent d’édition à New York. Il réalise un joli portrait de femme ainsi que celui d’une époque, des hippies au SIDA. Un panorama complet ( Politique, littéraire, social, et même musical ) de ces trépidantes années américaines. C’est le titre de cette trilogie qui m’a tout de suite attiré:

La symphonie du hasard

Dans une bibliothèque de rue de mon quartier j’ai ensuite déniché un petit roman de Marie Seurat. L’histoire de Hester Stanhope, une lady de l’époque napoléonienne qui se proclama  » Reine de Palmyre « .

Un très beau titre là aussi  » Mon royaume de vent « 

Cette femme fut une extraordinaire aventurière. Et bien qu’ayant trouvé le personnage intéressant, ( tellement atypique pour son temps ) je n’ai pas apprécié sa raideur dans les sentiments qu’elle exprime par le biais de l’autrice, une distance qui laisse l’impression d’une incapacité à aimer. Bon une Lady du dix-neuvième,

so british quoi!

J’achève en ce moment une autre trilogie.

C’est Françoise Chandernagor qui nous narre avec une incroyable érudition ( sans qu’elle soit assommante ) la destinée de Séléné, dernière survivante des quatre enfants de Cléopâtre.

Un fastueux péplum qui nous promène dans tout le monde antique de l’Egypte au Maroc en passant par Rome bien sûr.

De ces trois femmes, fortes, intelligentes, rebelles et tellement résilientes, c’est la dernière qui me touche le plus, tant elle transcende par son courage son destin tragique.

Le courage, c’est bien le point commun de ces héroïnes. Sans l’avoir prémédité je me rends compte que je n’ai lu cet été que des histoires de trajectoires féminines…passionnées et passionnantes.

L’oiseau noir

techniques mixtes sur papier

inspiré par une fresque antique de la maison de Livie à Rome.

PS: F. Chandernagor  » les enfants d’Alexandrie »,  » Les Dames de Rome »,  » L’homme de Césarée »