Un conte shintoïste

Akeji le pêcheur remonte avec difficulté son filet. Dans la lumière pâle de ce matin d’hiver il a du mal à discerner ce qui se débat ainsi dans ses rets. Après une longue lutte, dans le miroitement des flots, il reconnaît une tortue.

Mais c’est un animal comme il n’en a encore jamais vu. Sa carapace, énorme, est lisse comme de la porcelaine et blanche comme la couronne immaculée qui ceint le Mont Fuji.

Quand Akeji se saisit enfin de la tortue, voilà qu’elle se met à lui parler:

 » Akeji, laisse moi reprendre ma liberté! Je t’en supplie. Si tu m’épargnes, je t’emmènerai voir le fabuleux palais de Wata-Tsu-Mi, le Kami qui commande à tous les poissons et à toutes les créatures de l’Océan, car vois-tu je suis l’une de ses servantes. je suis certaine qu’il te sera reconnaissant de m’avoir libérée. Tu auras ainsi un privilège qu’aucun humain n’a encore eu. »

Akeji fasciné , n’hésite pas et s’empresse de suivre l’animal extraordinaire au fond de l’Océan.

Au palais de Wata-Tsu-Mi le pêcheur assiste à des fêtes merveilleuses. Ce qu’il admire le plus c’est le ballet des raies et des daurades, et il le trouve si plaisant qu’il en oublie le temps qui passe. Pourtant Akeji finit par vouloir rentrer chez lui. En cadeau d’adieu l’Esprit des mers lui remet une magnifique boîte en or au couvercle en écaille de tortue.

Enfin de retour dans sa cabane, le bonhomme ouvre la boîte, une fumée s’en échappe et d’un coup lui blanchit les cheveux…Trois cents ans s’étaient écoulés.

La voie des dieux

Techniques mixtes sur papier

Que le temps des fêtes vous apporte joie et sérénité.