Malagasy for ever

Jusqu’à mon dernier souffle

je suis pas un gars d’ici.

Je suis loin de chez moi.

Ma terre natale à moi est rouge.

Lever de lune 10/03/13

Arsène regarde l’Océan.

La nuit est noire, ce soir c’est lever de lune. L’astre émergera là, juste devant lui, et il l’attend. Sans impatience, juste avec délectation. L’instant est proche.

Le petit vaza ( blanc ) le rejoindra pour jouir du spectacle avec lui, en silence.

Depuis plusieurs mois déjà il prend son poste de garde tous les soirs au coucher du soleil, sur la terrasse face à la mer. Et il fait son boulot, il garde.

Lové dans un de ces moelleux fauteuils, un lamba ( pagne ) sur les épaules pour se protéger des embruns, sa fidèle sagaie dressée à ses côtés, le chien de la maison devenu son allié à ses pieds.

Il y a des siècles qu’il ne dort plus la nuit. Comme le Pakafoa ( vampire ) , c’est le jour qu’il repose dans sa case au fond du jardin.

Son âge, nul ne le connaît vraiment, mais son corps accuse, à vue de nez, plus de six décennies.

 » Tout à l’heure, le jeune patron amènera sûrement avec lui quelques cigarettes de tabac blond parfumé à la menthe. Nous les mélangerons à mon ronygony (herbe). Nous ne nous dirons rien, ou presque. Nous rirons beaucoup et nous aurons quelques soupirs d’extase quand la merveilleuse lune sortira de son bain d’encre.

Choisira-t-elle une robe rose, violette, ou même d’un bel orangé, ou pourquoi pas…verte?

J’aime mon travai, surtout ces soirs là. Un instant je ne suis plus seul…Je partage. « 

A la manière d’ un lamba Malgache

Techniques mixtes sur papier