Rock’n roll

Highway to Hell…L’Enfer, le Paradis s’ils existent c’est ici et maintenant.

Les demoiselles d’Avignon

1907 Pablo Picasso MoMA New York

Celui qui prétend vouloir voir le monde tel qu’il est vraiment ne doit pas avoir peur d’aller parfois mettre son nez là où ça pue…

C’est une brindille de trente trois ans, elle est Thaïlandaise et travaille dans une boîte de nuit de Pattaya depuis l’âge de dix-neuf ans. Elle s’appelle Nung.

Maman San m’en a proposé un bon prix pour la nuit, et comme elle est déjà installée sur mes genoux, j’ai dit…Oui.

Aussitôt son regard s’est allumé, elle a filé au vestiaire pour s’habiller en » civil  » et est prestement réapparue en mini-jupe et chaussures plates. On lui donne seize ans. Nous voilà partis pour la tournée des boîtes.

Nung vieillissante, n’a plus trop l’occasion de sortir de son bouge.

Walking street hurlante est bondée. un marchand ambulant de jasmin nous propose un bouquet :

 » It’s up to you Honey! « 

Elle parle un anglais très convenable, elle s’est offert des cours, et même que c’est très cher, mais indispensable pour son métier.

Nung n’est pas compliquée, elle veut juste boire. Et aussi, elle est prête illico à m’offrir une petite gâterie au coin de la rue là-bas pour m’exprimer sa gratitude.

Elle a beaucoup de relations à Walking street et elle me présente sa nièce de vingt ans dont elle est très fière.

C’est elle qui l’a faite venir de la campagne pour le  » business « .

Puis c’est…Une pyramide de verres de vodka qui s’enflamme…Je tiens un ballon de baudruche au-dessus de ma tête, une jeune femme nue le fait exploser avec une fléchette propulsée par son vagin…Nous rions beaucoup.

Elle pose ma main sur son ventre, fait glisser mes doigts sur une cicatrice qu’elle porte là. Nung ne peut pas avoir d’enfant…Un avortement compliqué.

Saoule, elle veut que nous fassions l’amour là, dans ce coin sombre de cette boîte crasseuse.

Je lui propose mon hôtel pour finir la nuit déjà bien entamée.

Dans le tuk-tuk Nung est malade et vomit abondamment la vodka absorbée.

Elle a oublié sa carte professionnelle, et je verse un tip de plus pour que le réceptionniste consente à la laisser monter.

Je lui tiens la tête au-dessus de la cuvette.

Je fais couler un bain.

Je la lave.

Et c’est presque inconsciente que je la couche toute grelottante.

Je baisse la climatisation et viens m’étendre près d’elle pour la réchauffer.

Je l’écoute respirer, blottis l’un contre l’autre nous nous endormons.

Vers huit heures je la réveille, mon bateau pour Koh Samet est dans une heure, elle doit partir.

Nung me propose alors le service pour lequel je l’ai engagée.

C’est une excellente professionnelle, et elle ne veut pas que je pense le contraire.

Il est trop tard.

Alors elle dépose un léger baiser sur ma bouche, elle joint ses deux mains, dans lesquelles j’ai glissé un billet pour le taxi, s’incline, rajuste sa mini-jupe, remet un peu d’ordre dans sa magnifique chevelure et disparait en souriant.

Higway to Hell

Techniques mixtes sur papier ( 50 x 70 cm )