Requiem pour l’hiver

C’est annoncé, l’hiver est moribond. Alors vite, avant qu’il ne s’éteigne tout à fait, je me suis rendu à son chevet. C’est là-haut, tout là-haut, que dans un sursaut d’orgueil il jette ses derniers feux.

Mais voilà que cette agonie n’a rien de lugubre car le cortège funèbre laisse éclater sa joie.

Partout se répandent les éclats de rire cristallins des cascades et des ruisseaux qui recouvrent leur liberté.

Ils ont été si longtemps asservis par les glaces qui semblaient ne jamais devoir fondre.

Sous le ciel imperturbablement bleu, insensible à la plainte hivernale, la neige abandonne peu à peu le terrain, dans d’ultimes scintillements, laissant ça et là la terre nue gorgée d’eau.

Et si l’on s’approche alors tout près, tout près, pour mieux sentir son parfum…

… On voit bien que la vie est prête à jaillir à nouveau.