Tarantelle

Grand intérieur rouge Henri Matisse 1948

Il n’y a, comme Matisse, aucune honte à faire de la peinture simplement…décorative.

Sylvain tira le rideau d’un coup sec, le soleil déjà haut l’aveugla… Puis peu à peu, la vision familière de l’étang calme et bleu se cala de nouveau sur le fond de sa rétine. Il faisait donc diablement beau et il décida sur le champ d’aller à la pêche.

Aujourd’hui la chance lui sourirait peut-être. Il s’imagina un instant, Tartarin, entrant dans le café Maurin, une tanche de huit livres au fond de sa besace. A n’en pas douter, il serait sans conteste le héros de la journée à Saint Claudel.

Une chemise claire, un pantalon de toile, ses vieilles espadrilles enfilés, son chapeau chinois ajusté sur son crane quasi chauve, un café amer absorbé à la hâte sur le coin de la table de la cuisine et il sortit. La rosée s’évaporait et emplissait l’air d’une douce moiteur. Sur le chemin il croisa bientôt le père Antoine sur sa charrette qui lui souhaita le bonjour.

  • Hola le Sylvain, t’en vas-tu pêcher?
  • Hé! oui l’ami la tanche m’attend.

Un rayon laser blanc frappa soudain la jument rouge qui se cabra en un long hennissement avant de disparaître dans un nuage de fumée.

  • Voilà t’y pas qu' »ils » recommencent! La troisième ce mois-ci qu’ils m’avalent. C’est que j’ai mes foins à faire moi. Chez le gros Louis c’est les brebis, l’abbé n’a plus d’âne, et la petite de la Claudine a pleuré pendant trois jours le chiot que l’Mathieu lui avait offert pour sa fête…

Royal

Techniques mixtes sur papier