Arrêts sur images ( volume V )

extrait du bateau ivre d’Arthur Rimbaud

Comme je descendais des fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,

Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages

Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées

Moi l’autre hiver plus sourd que les cerveaux d’enfants,

Je courus! Et les Péninsules démarrées

N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

Le dessin c’est enfin et surtout le moyen de laisser aller librement mon imagination, de donner une forme et des couleurs à mes rêves, mes fantasmes ou même mes cauchemars..

Tous ces dessins m’accompagnent et certains depuis de nombreuses années. Aussi quand je regarde la sélection que je vous ai proposée ( 110 dessins de différents formats sur papier ) je me dis qu’ils sont autant de petits cailloux blancs et qu’ils constituent bien, les jalons de ma propre histoire.

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