Corrida

p1110634

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire.

p1110730

J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir.

p1110729

Quelqu’un a touché le verrou, et j’ai plongé vers le grand jour.

p1110714

p1110721

p1110722

p1110728

p1110712

J’ai vu les fanfares, les barrières et les gens autour.

p1110731

Dans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre.

p1110734

Mais cette place est sans issue et je commence à comprendre.

Ils ont refermé derrière moi.

Ils ont eu peur que je recule.

p1110738

Je vais bien finir par l’avoir, cette danseuse ridicule…

p1110632

Andalousie, je me souviens des prairies bordées de cactus.

p1110664

Je ne vais pas trembler devant ce pantin, ce minus!

p1110631

Je vais l’attraper lui et son chapeau, les faire tourner comme un soleil.

Ce soir la femme du torrero dormira sur ses deux oreilles.

p1110750

J’en ai poursuivi des fantômes.

p1110742

Presque touché leurs ballerines.

p1110733

Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline.

p1110741

Ils sortent d’où ces acrobates avec leurs costumes de papier?

p1110748

J’ai jamais appris à me battre contre des poupées.

p1110743

Sentir le sable sous ma tête, c’est fou comme ça fait du bien.

p1110746

Andalousie, je me souviens.

p1110745

Je les entends rire comme je râle.

Je les vois danser comme je succombe.

Je ne pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe.

p1110633

Est-ce que ce monde est sérieux?

p1110732

Texte Francis Cabrel

Photos à Ronda…Andalousie.