Ma folle journée du patrimoine

Ce matin, je suis d’humeur chafouine…Chikita a fait pipi sous la table de la cuisine. Bon, vous me direz, pas de quoi fouetter un chat, et se gâcher la journée. Mais quand même, je suis d’humeur chafouine. Et puis, il fait presque froid, et ce satané Mistral ne cesse pas de souffler, et même il se renforce.

Bon, c’est quoi le projet de la journée? Ah oui, journée du Patrimoine. Alors, Marseille? Aix? Avignon? Ben non, je vais aller à Arles. ( Et non pas EN Arles, comme disent certains snobs, qui se fourvoient. Et si on dit bien EN Avignon autrefois cité des papes. Arles, elle, ne fut jamais une principauté et on dit à Arles, comme on dit à Arras, ou à Angers…je suis d’humeur chafouine, j’vous dis. )

Dans mon sac-à-dos, une bouteille d’eau, mes lunettes de soleil, et bien sûr mon appareil photo. Ah! je prends aussi deux CD pour la route. Diana Krall pour l’aller et Shirley Horn pour le retour…Une petite heure de route et me voilà au coeur de la capitale Camarguaise…

Ma première étape est pour les Alyscamps, nécropole paléochrétienne qui  » fredonne Gauguin » et Van Gogh. Là on m’offre un billet magique pour visiter gratuitement: Les arènes, le théâtre antique, le cloître de Saint-Trophime, une crypte, les thermes de Constantin et le musée Réattu…Mais c’est Byzance! Bon, mais ya du boulot, c’est que je n’ai que la journée moi!

La lumière de cette fin d’été est splendide, le ciel ne peut être plus bleu, sinon tu meurs, et la température remonte. Le lieu est quasi désert et comme il se doit les Alyscamps ( Quel joli nom! ) sont un havre de paix d’une grande poésie…forcément un peu triste. Et je pense à ce pauvre Vincent…

Après je prends la direction de l’Antiquité Romaine et je fais le tour à différents niveaux des merveilleuses arènes. Ici aussi c’est le jeu de cette belle lumière Provençale sur les arcades millénaires qui me fascine, et, c’est à ne pas y croire, il n’y a pas foule. Je craignais la cohue. Ce calme est une heureuse surprise.

En sortant je passe par le théâtre antique, moins impressionnant que celui d’Orange…Mais antique tout de même!

Puis, je décide de visiter le cloître médiéval de Saint Trophime. Une splendeur! Les chapiteaux des fines colonnes qui l’ornent sont d’une incroyable richesse. Et de plus on peut déambuler librement sur le toit-terrasse du bâtiment.

Je fais l’impasse sur la visite de la crypte, il y a là par contre, une file d’attente qui me décourage.

Alors je me dirige vers les thermes de Constantin, beaucoup plus paisibles. Je n’y rencontre que quelques couples d’amoureux et des pigeons. Parmi ces vestiges monumentaux c’est le travail des briques et les restes de l’ancien système de chauffe qui m’intéressent. Il est presque treize heures quand j’en sors et la faim commence à me tenailler.

Il est temps de goûter au patrimoine gastronomique local. Je n’oublie pas que je suis en Camargue, alors je choisis une daube de taureau et sa purée maison, un délice savouré au soleil en terrasse. La serveuse est charmante et aux petits soins avec moi, j’ose même quelques plaisanteries.

J’ai gardé le musée pour l’après-café. C’est un bel hôtel particulier Renaissance et j’y croise Germaine Richier, Picasso et quelques autres. Et bien sûr des photos, des photos, des photos…C’est le jour de clôture des rencontres photographiques.

C’est un peu étourdi que je retrouve mon véhicule. La culture ça fatigue! J’actionne le toit ouvrant, j’invoque Shirley, je mets mes lunettes de soleil et je reprends la route. Il fait maintenant 27 degrés. Je vais retrouver ma Chikita. Oh! une cigale…elles se font de plus en plus rares à cette époque, ce chant est un peu mélancolique du coup, mais je ne suis plus du tout d’humeur chafouine. quelle merveilleuse journée!

Pour les photos…vous repasserez, n’est-ce pas? Parce que là j’ai pas vraiment le temps.Enfin j’espère que vous repasserez. 🙂

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