K 27 B

Je possède cet album de sonates de Scarlatti depuis une vingtaine d’années, je crois bien l’avoir acheté après le décès du musicien, survenu en 1989.

Je l’écoute , chez moi, à Orcières lorsque je m’y rends, seul. J’ai là, une sélection de CD de musique baroque que je retrouve à chacun de mes passages.

Qui peut bien s’intéresser à Scarlatti interprété par Scott Ross au clavecin?

Moi pardi!

Mais la montagne, c’est d’abord revenir à plus de simplicité et réapprendre un peu, la lenteur, en prenant juste ce qu’il faut de hauteur.

Car voyez-vous, je fais chaque jour une chose très simple, je marche.

la dominante est bien verte, mais je délaisse, ces temps derniers, ma chère peinture. j’y reviendrai, c’est sûr, elle est tellement ancrée dans mon âme. Pour l’heure je courtise une autre maîtresse, la photographie, c’est elle, qui m’intéresse., c’est elle que je veux travailler en priorité.

Il y a, en vrac:

La mousse et ses vertus, une envie de douceur, de fraîcheur et de vie naturelle ( non, ce n’est pas un pléonasme! )

L’esthète que je suis, reste fasciné par l’eau des montagnes, et je ne sais toujours pas peindre comme les torrents et les cascades. Chaque fois, c’est pareil, le même émerveillement enfantin.

Plus que les hautes cimes, j’aime observer le minuscule, les fleurs, les champignons, les papillons…Tous ces détails que je cueille avec mon appareil photo et qui nourrissent ma quête de Beauté. Car ici, tout est beau, parfois rugueux, un peu austère, mais toujours beau.

Les rêveries d’un promeneur solitaire. Curieusement, dans ces immensités, la solitude est plus légère qu’en ville. c’est même une jouissance que procure le sentiment de Liberté qui grandit lorsque l’on marche. C’est vrai aussi, que l’on pense mieux en marchant . C’est logique, le corps et le cerveau bien oxygénés fonctionnent à plein régime.

Et puis, l’on se sent à la fois, humble et puissant, heureux, en fait, tout simplement.

(Scarlatti, Rousseau, Kant et Rimbaud, en références dans le même article tu pousses un peu loin la pédanterie, non?)

Ah! Le début n’est pas facile. Il faut bien quelques heures pour se débarrasser de ses oripeaux citadins et de cette neurasthénie chronique qui vous colle à la peau. L’envie de repartir au plus vite peut surgir, et il faut un peu de courage pour rester.

La mélancolie existe aussi,  là-haut,  bien sûr. Mais elle a plus d’éloquence. Elle devient plus poétique.

Enfin, la fuite du temps, elle même, parait plus acceptable. Car l’on comprend qu’elle est nécessaire pour que les miracles de la Nature s’accomplissent. C’est bien la Magie qui fait que l’Autane, au coucher du soleil, lorsqu’elle accroche un nuage, se transforme en volcan…