Une belle âme

La nouvelle de la mort d’Albert Jacquard m’a peiné. Il décède à 87 ans, au même âge, et la même année que mon père.
J’ai eu la chance et l’honneur de lui serrer la main, il y a quelques années.
Ce petit homme laid, d’une simplicité désarmante, était l’un des cerveaux les plus brillants que comptait ce pays.
N’ayez pas peur, je serais bien incapable de vous parler de ses travaux en génétique qui firent sa renommée internationale…
Non, moi je me souviens du vulgarisateur, du formidable pédagogue, venu nous parler de la « Décroissance », Le seul fait de l’écouter rendait plus intelligent, tant son discours était simple et limpide.
Son intervention terminée, je le trouvai seul, marchant sur le bord de la route, dans un de ces no man’s land industriel et commercial qui pullulent aux abords de nos cités modernes. C’est là qu’il avait pris la parole, dans une salle de congrès. J’étais en voiture, et je décidai de m’arrêter pour lui proposer un moyen de locomotion. La réponse, logique et imparable:  » Non merci, j’ai besoin de marcher »…J’ai encore la vision de son sourire amical, dans mon rétroviseur.
Une belle âme s’est éteinte.
 » J’étais dans le camp des salauds, ceux qui laissent faire et attendent que les choses s’arrangent. » A. Jacquard

Ce tableau est une copie « modernisée », réalisée il y a quelques années, d’une toile d’un peintre Renaissance, dont j’ai oublié le nom, il ne m’en voudra pas j’espère.