La fin des cigales

L’épidémie est terrible…
Les petits cadavres se dessèchent en nombre sous le platane.
Et mon bel arbre, est chaque jour un peu plus taiseux.
Les dernières cigales se meurent.
C’est ainsi.
Je ne peux rien y faire.

Je sais, il y a des choses plus graves, mais on en parle si bien ailleurs.

Comme certaines chanteuses populaires, elles chantent leur unique refrain simpliste et énervant dans la chaleur vibrante, pour un public oisif et conquis sans effort.
Mais le succès est bref, et fait long feu, elles disparaissent avant que la saison ne s’achève. Pourtant le souvenir entêtant de leur chansonnette demeure longtemps.

Pour ne pas être triste et garder le goût de leur fièvre estivale, je peux voir dans les ailes, désormais immobiles, de mes chères cigales, des vitraux lumineux, aux couleurs éclatantes.
D’autres cigales naîtront et mourront l’été prochain, n’est-ce pas? 🙂